Initiative de la Porte et du Corridor de l’Asie Pacifique (IPCAP)
En octobre 2006, le gouvernement du Canada lançait une initiative ambitieuse appelée Initiative de la Porte et du Corridor de l'Asie Pacifique (IPCAP). L'Initiative rend compte de l'importance croissante du commerce et de l'investissement bilatéraux entre le Canada et les pays asiatiques et des nouvelles réalités des chaînes d'approvisionnement mondiales.
L'Initiative de la Porte et du Corridor de l'Asie Pacifique est un ensemble intégré d'investissements et de mesures stratégiques axés sur le commerce dans la région de l'Asie Pacifique. Son objectif consiste à faire de la Porte et du Corridor canadiens de l'Asie Pacifique le meilleur réseau de transport qui soit pour appuyer les chaînes d'approvisionnement mondiales entre l'Amérique du Nord et l'Asie.
L'IPCAP a été motivée par la hausse prévue du trafic marchandises dans les pays de la région Asie Pacifique et notamment la Chine. Les exportations canadiennes à destination de la Chine ont augmenté de façon marquée entre 2002 et 2006 pour passer de 4 à près de 8 milliards de dollars, principalement dans le secteur des produits dérivés des ressources naturelles, selon un rapport de Statistique Canada de novembre 2007. La croissance avait ralenti en 2005 et 2006, mais elle a repris dans les sept premiers mois de 2007, ayant augmenté de 43 % par rapport à la même période en 2006.
En 2002, l'année qui a suivi son accession à l'OMC (Organisation mondiale du commerce), la Chine est devenue la deuxième source en importance des importations canadiennes, devant le Japon et le Mexique, mais après les États-Unis. Depuis 2002, la part des importations canadiennes en provenance de la Chine a triplé pour s'établir à près de 10 %. Les importations canadiennes ont plus que doublé entre 2002 et 2006 pour atteindre 34,5 milliards de dollars, une valeur légèrement supérieure à celle des exportations canadiennes à destination de la Chine et à celle des importations combinées en provenance du Japon et du Mexique. Les échanges avec les autres pays asiatiques, par exemple l'Inde, le Vietnam, la Corée du Sud et le Japon augmentent aussi, ce qui accroît les pressions exercées sur l'infrastructure canadienne des transports.
Les autorités canadiennes se sont rendu compte de cette situation et ont engagé des ressources importantes dans l'Initiative de la Porte et du Corridor de l'Asie Pacifique, qui permettra d'accroître sensiblement la compétitivité du Canada.

Le concept de l’IPCAP est illustré par la carte ci-dessus qui fait ressortir les deux principales installations portuaires du Canada sur la côte Ouest, à savoir Vancouver et Prince Rupert. Des investissements massifs dans ces installations et dans l’infrastructure ferroviaire connexe réduiront l’engorgement et permettront d’acheminer rapidement les marchandises vers les grands centres de transport multimodal à l’intérieur des terres. Plusieurs villes canadiennes s’apprêtent à devenir des plaques tournantes du transport pour servir les marchés nord américains.
Libéralisation du transport aérien et la Porte
Le Canada a modernisé sa politique sur le transport aérien international pour tenir compte de l’évolution du marché mondial de l’aviation. En harmonie avec sa politique Ciel bleu adoptée en novembre 2006, le Canada cherche à négocier des accords aériens plus ouverts dans le secteur du transport aérien régulier international. Ces accords permettront d’ajouter des services passagers et des services tout-cargo en fonction des conditions du marché et de l’intérêt national. Le Canada a conclu des accords Ciels ouverts avec les États-Unis, l’Irlande, l’Islande, la Nouvelle Zélande et la Barbade ainsi qu’un accord de services aériens libéralisés avec Singapour dans le cadre de sa politique Ciel bleu.
En adoptant cette politique, le Canada a indiqué clairement à la communauté internationale qu’il est prêt à faire des affaires. Les efforts soutenus qu’exerce le gouvernement fédéral pour libéraliser les services aériens contribueront au succès de l’IPCAP.
Améliorations des installations portuaires et ferroviaires
Le gouvernement du Canada injecte des fonds dans un certain nombre de projets de transport pour répondre à la demande croissante et améliorer l’efficience de la Porte et du Corridor de l’Asie Pacifique. Ces investissements seront combinés à d’autres fonds publics et privés pour promouvoir des liaisons plus rentables et ininterrompues entre les divers modes de transport.
La somme de 283 millions de dollars (provenant du budget de l’IPCAP, voir document PDF P 11-13 en annexe) est déjà engagé et, s’il y a lieu, les projets d’infrastructure seront entrepris dans le cadre d’ententes de partage des coûts avec les provinces et, dans certains cas, les municipalités et le secteur privé. Ces investissements permettront de doubler la capacité de manutention des marchandises des ports de la côte Ouest. L’IPCAP porte sur deux routes en particulier : l’une qui va de Vancouver (C. B.) à Winnipeg (Manitoba) en passant par Calgary (Alberta) et Regina (Saskatchewan) et l’autre qui débute au port de Prince Rupert et va jusqu’à Winnipeg (Manitoba) en passant par Edmonton (Alberta) et Saskatoon (Saskatchewan). À partir de Winnipeg, les expéditions peuvent être envoyées ailleurs au Canada, de même que dans les régions du Centre et de l’Est des États Unis.
Le port de Vancouver est à 36 heures de navigation de moins que les ports de la Californie pour les marchandises au départ de Shanghai, tandis que Prince Rupert, également en Colombie-Britannique, est le port nord américain le plus proche de l’Asie à 59 heures de navigation de moins que les ports de la Californie pour ce qui est des marchandises au départ de Shanghai, et à plus de 1 000 milles marins de moins que Los Angeles au départ de Hong Kong. Pour améliorer encore plus le service et la rentabilité, les trois autorités portuaires du Lower Mainland de la Colombie-Britannique (Vancouver, Fraser River et North Fraser) se sont fusionnées le 1er janvier 2008. La nouvelle Vancouver Fraser Port Authority (VFPA) coordonnera la planification portuaire d’une manière plus efficace et portera la capacité des installations de 2,8 à 6 millions d’EVP d’ici 2020.
En juin 2007, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il verserait une contribution de 75 millions de dollars au projet du corridor ferroviaire Roberts Bank (CFRB), contribution qui a relevé l’investissement total à quelque 360 millions de dollars, sur le principe du partage de coûts entre différents partenaires, dont font partie les municipalités, les ministères des Transports fédéral et provincial, le CN et le CP, la VFPA et la Translink (South Coast British Columbia Transportation Authority). L’accroissement prévu de la capacité des terminaux – qui visent l’amélioration des infrastructures et des gains de productivité – permettra de répondre à la hausse anticipée de la demande.
L’IPCAP a également profité au port de Prince Rupert (Colombie Britannique) qui a ouvert son tout nouveau terminal à conteneurs Fairview en septembre 2007. Au moment d’annoncer le lancement de ce projet de 170 millions de dollars, le directeur du port a indiqué que le projet permettra d’acheminer les produits canadiens et nord américains en Asie en deux ou trois jours de moins que s’ils étaient expédiés depuis l’un ou l’autre des grands ports des en Amériques.
Le Canadien National (CN) investit également des sommes considérables dans la capacité ferroviaire, ce dont profitera aussi l’ensemble du réseau de la Porte du Pacifique. Au chapitre des améliorations figurent la modernisation du système de contrôle du trafic ferroviaire à l’ouest de Prince George et la prolongation des voies de service, qui permettra de doubler les voies ferroviaires menant de Prince Rupert à Memphis, Tennessee, et de transporter les deux millions d’EVP que le port de Prince Rupert devrait accueillir d’ici 2020. Grâce aux services ferroviaires de classe mondiale qui relient le Canada et les États-Unis, les ports de la Colombie Britannique devraient pouvoir accueillir 8 millions d’EVP d’ici 2020.
Les investisseurs étrangers en profitent aussi
Ces investissements importants dans des projets d’infrastructure au Canada accroissent de toute évidence les avantages concurrentiels dont le Canada profite par rapport à son voisin américain. Le Canada est dans une position idéale pour profiter de l’énorme accroissement des échanges commerciaux avec les pays asiatiques, tels que la Chine, l’Inde, la Corée et le Japon. Les chaînes de valeur mondiales sont devenues des moteurs importants de l’investissement étranger direct (IED) à l’échelle mondiale, et une enquête menée en 2007 auprès de 400 entreprises canadiennes de divers secteurs par Chaîne d’approvisionnement et logistique Canada (CAL) a révélé que les ports de la côte Ouest canadienne offrent les meilleurs avantages concurrentiels sur le plan logistique, comme l’illustre le graphique ci dessous.

Graphique:
| Use of air transportation and alternative ports on the West coast (Canada and U.S.) are key LCCS solutions for Canadian firms | = |
L’utilisation du transport aérien et d’autres ports sur la côte Ouest (Canada et États-Unis) est la solution APFC pour les entreprises canadiennes |
| Use of Alternative Transportation Solutions for LCCS | = |
Utilisation d’autres solutions de transport APFC |
| Firms | = |
Entreprises |
| Use alternate Canadian West coast ports | = |
Utilisation d’autres ports sur la côte Ouest canadienne |
| Use alternate Canadian East coast ports | = |
Utilisation d’autres ports sur la côte Est canadienne |
| Use alternate U.S. West coast ports | = |
Utilisation d’autres ports sur la côte Ouest américaine |
| Use alternate U.S. East coast ports | = |
Utilisation d’autres ports sur la côte Est américaine |
| Use air transportation mode | = |
Utilisation du transport aérien |
| Current | = |
Actuel |
| Planned in the next five years | = |
Prévu dans les cinq prochaines années |
Le Canada invite les investisseurs étrangers qui songent à implanter des usines ou des services en Amérique du Nord ou à y prendre de l’expansion à bien tenir compte des coûts logistiques réduits qui découlent de la nouvelle IPCAP.
